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« TOUT EST A NOUS »… même des « débouchés » réformistes ?

On lit dans le tract diffusé par le NPA à la fête de l’Humanité : « S’il est indispensable de soutenir dès aujourd’hui l’ensemble des luttes en cours et de créer les conditions d’une mobilisation générale, cela ne suffit pas. Il faut aussi jeter les bases d’une alternative politique anticapitaliste.» Vraiment, les luttes et les conditions d’une mobilisation générale « ne suffisent pas » ? Et de quelles perspectives politiques s’agit-il ?

 
Le PS glissant de plus en plus vers la droite et envisageant désormais des alliances avec le Modem de Bayrou, il faudrait vraiment une « vraie gauche » ou « gauche radicale », que les travailleurs appelleraient de leurs vœux.
 
Le NPA envisage donc un « accord unitaire », mais dans un cadre bien peu contraignant, puisqu’il s’adresse à une gauche « radicale » mais aussi « anticapitaliste et antilibérale »… c’est-à-dire pas radicale du tout, puisque ouverte aux « antilibéraux » partisans d’un capitalisme tempéré ! Un cadre d’autant plus flou puisqu’il est même expurgé par exemple de la revendication d’« interdiction des licenciements » !
 
On comprend que les dirigeants du NPA aient le souci que leur nouveau parti gagne du crédit. Mais lui viendra-t-il d’un programme électoral mi-chair mi poisson de premier tour, accommodé d’une sauce de « fusions techniques » rebaptisées « fusions démocratiques » de deuxième tour avec le PS, déjà sur le feu ? « Explorer les possibilités d’un accord unitaire » avec le PC et le Parti de gauche, comme l’affirme le NPA, pourquoi pas. Mais pour une campagne commune non seulement de dénonciation des effets dévastateurs de la crise mais d’affirmation que les travailleurs doivent y riposter tous ensemble, sur leur terrain de classe et sur un programme précis de mesures vitales. 
 
Alliance circonstancielle ou front politique durable ?
 
Car les révolutionnaires ne désertent pas le terrain électoral, rare occasion de s’adresser à des millions de travailleurs. Ils ne sont pas étrangers non plus aux soucis unitaires face aux urgences qui s’imposent aux travailleurs. Mais précisément sur un programme de mobilisation et de mesures radicales : programme de sauvegarde des travailleurs dont l’interdiction des licenciements, la préparation de la lutte d’ensemble, le contrôle ouvrier sur les patrons voyous et licencieurs.
 
Une telle alliance mobilisatrice serait une « alliance circonstancielle », certainement pas cette « alliance durable » dont la direction du NPA se réaffirme partisane, dans la ligne de son congrès de fondation. Car que peut signifier une « alliance durable », sinon la constitution d’un « front politique », un « front de gauche » comme disent si bien Buffet et Mélenchon, c’est-à-dire un nouveau parti réformiste, « die Linke » à la française qu’ils s’emploient à faire naître ? Belle petite machine de guerre, soit dit au passage, contre les révolutionnaires, et tout particulièrement le NPA naissant !
 
« Créer les conditions d’une mobilisation générale, cela ne suffit pas »… Vraiment ?
 
Si les révolutionnaires doivent saisir les opportunités électorales, ne serait-ce que pour y faire entendre la voix discordante de la lutte de classe, ils n’ont pas à dissocier les luttes de la politique, pas à parler de « débouché politique » au sens électoral, à la façon de générations de réformistes. Ce sont ces derniers, les champions de la dichotomie : d’un côté les travailleurs et leurs syndicats auxquels revient le soin des luttes, de l’autre les notables de gauche auxquels revient le privilège d’en tirer bénéfice pour au bout du compte gouverner contre les travailleurs !
 
Se préparer à une mobilisation d’ensemble, ça ne suffirait pas ?
 
S’il y a une perspective politique pour les travailleurs, aujourd’hui, en pleine vague de licenciements, c’est bien la grève générale comme l’histoire du mouvement ouvrier en a connues, en Russie ou Pologne en 1905, en Italie en 1920, en France en 1936 et dans d’autres pays dans ces années 1930 de crise économique et sociale. Et qui ouvre des possibilités révolutionnaires, c’est-à-dire un rapport de forces qui permet aux travailleurs mobilisés de faire une intrusion politique dans les affaires de la bourgeoisie. Partis, militants et programme révolutionnaires devraient précisément les y aider.
 
La seule perspective politique pour l’extrême gauche, c’est d’encourager à ce que les luttes confluent dans une grève générale (ô combien politique !) qui imposerait un rapport de forces tel que « tout serait possible » - entendez un vrai début de pouvoir des travailleurs.
 
Michelle VERDIER